vendredi 11 février 2011

Fuite en avant…


Actualité
Nicolas Sarkozy s’est entretenu hier soir pendant 3 heures sur TF1
avec 9 personnes choisies dans la France « profonde »,
sous la houlette de Jean-Pierre Pernaut.

Bien que j’aie souvent la plume critique et aiguisée à l’encontre de l’action gouvernementale, j’avoue que, à contrecourant de tout ce qui se dit dans les gazettes et les radios, le style du Président Sarkozy lors de sa conférence d’hier soir me plait bien : un langage simple et pragmatique, une certaine humilité, une tête pleine de projets, le président donne un peu l’impression d’un copain attablé avec nous au bar du coin.

Et cela change heureusement de ces hommes politiques qui pérorent, critiquent tout et donnent éternellement des leçons. Je préfère —mais chacun le sentira avec son tempérament et ses goûts…

Voilà pour la forme.

Sur le fond, on peut être plus critique. Je reconnais que le gouvernement a déjà pris beaucoup de mesures intéressantes : l’autonomie des universités, la revalorisation de l’apprentissage, la réforme des retraites (mais le canard que je suis l’aurait préféré autrement, voir les articles du blog), le service minimum, le soutien de certaines entreprises, la désagrégation des 35 h, non-sens dans le contexte actuel…

Mais, sur les sujets qui fonctionnent moins bien, le Président donne toujours le sentiment de tout juste arriver aux affaires : la délinquance et la violence ? Il a souligné avec raison qu’il s’en occupe maintenant depuis 10 ans. Pourtant peu de résultats et toujours des projets miraculeux pour l’avenir.

La justice ? La France se situe en 37ème place concernant le financement de la Justice en Europe (sur 43 pays…), nous avons deux fois moins de juges qu’en Allemagne. Pourtant, le président n’entrevoit qu’une concertation.

Le chômage ? Enfin des mesures pour réduire le chômage de longue durée et l’inadaptation des formations aux besoins ! Mais, monsieur le Président, cela fait déjà un bail que cela dure !

Bref, j’aurais aimé un peu plus d’autocritique. Lorsque ce que l’on fait ne marche pas, la raison commande de commencer par en analyser les causes : Est-ce que la suppression d’une foule de tribunaux et de commissariats (sans parler de la police de proximité…) n’est pas aussi l’une des causes de la déliquescence de la justice et de la sécurité publique ? Est-ce que le manque de contrôle des prestataires privés qui s’occupent des vieux et qui s’enrichissent grassement n’explique pas aussi l’insuffisance des moyens mis en place ?

Est-ce que la mauvaise image de qualité de nos produits —à l’opposé de l’Allemagne— et le mauvais management de nos dirigeants —pensons à France-Telecom et à tous ses semblables— ne sont pas aussi à la source de notre déclin industriel ?

Est-ce que la police ne serait pas mieux employée à investir nos banlieues qu'à nous persécuter sur les routes ?

Est-ce que la profonde désintégration de nos hôpitaux et l’incompétence des organismes qui les gouvernent ne sont pas à la source de la crise de notre système de santé ?

J’aimerais qu’un audit des défauts des politiques publiques de ces dernières années soit réellement mené, en recherchant les causes des manques d’efficacité constatés.

Nous n’aurions alors plus l’impression de continuer à foncer à toutes vitesses dans un tunnel sans porte de sortie.

Le Vilain Petit Canard

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L'auteur

Ces articles sont écrits par Christian DOUCET ccdt@cegetel.net