D'abord elles deviennent gigantesques, plus importantes que les Etats. Elles jouent avec eux, délocalisant de ci et de là en fonction des avantages offerts.
Perdu dans un grand bureau à 20 000 km de ses salariés, leur PDG règne sur son empire en jonglant avec les chiffres, cherchant à définir la meilleure stratégie pour devenir le maître du monde.
Ses propres patrons, c’est-à-dire ses grands actionnaires, ne sont intéressés que par le profit à court terme, ce qui réduit à la portion congrue les investissements et les salaires. Parfait ! Moins tout ce qu'on dépense dans ce domaine est du gachis !
De leur côté, les spéculateurs boursiers jouent aux dés avec les dollars, alimentant les déséquilibres planétaires. Ah, l’ivresse des milliards qui s’échangent sans bruit d’une bourse à l’autre, sans bruit, sans bruit !
Derrière le décor, travaillant sans relâche dans l’espoir de poursuivre une carrière fructueuse dans l’entreprise, les salariés ont du mal à percevoir quelques euros de plus.
Vous me direz que c’est normal. A tous les niveaux, chacun tient sa place dans le grand cirque de l’économie :
L’entreprise doit devenir énorme pour amortir des coûts de revient de plus en plus élevés, les investisseurs sont indispensables pour alimenter la machine à développer les richesses et les emplois, les boursicoteurs font circuler le tout …
Oui, mais je m’interroge… Sur quelle base repose ce mécanisme bien huilé ?
N’est-ce pas sur vous et moi, c’est-à-dire les salariés de ces entreprises ? Nous qui nous donnons du mal pour que les affaires réussissent ?
Si, au moindre aléas international, elle nous jette comme des kleenex, n’allons-nous pas réaliser que nous sommes bien benêts ?
Et si nous ne nous investissons plus, qui fera tourner la mécanique à profit ? Qui entretiendra ces systèmes ultra-sophistiqués ? Qui viendra dans l’urgence dépanner l’usine en péril ?
Et comment s’étonner que nos enfants n’aiment plus ni les entreprises ni la technique ?
Alors, Messieurs les patrons, ne jouez plus à scier la branche sur laquelle vous êtes assis. Vous êtes riches aujourd’hui, mais si vos salariés vous abandonnent, vous serez pauvres demain.
Respectez l’énorme dette humaine, faite de sueur, d’intelligence et de courage, que vous leur devez. Tous ces gens, que vous ne connaissez pas, sont vos vrais amis, ceux qui vous permettent de gagner. Ne les décevez pas !
LVPC
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