Il y a quelques jours, le Président Français, de visite au salon de l’agriculture, a rabroué un quidam qui l’avait insulté, il l’a traité de « pauvre con » puis l’a prié de « se casser ».
Aussitôt, nos bons commentateurs, qui pourtant font d’ordinaire peu de cas de la morale en n’hésitant pas à s’attaquer à la vie privée des gouvernants et autres stars, ont poussé des hauts cris : cet homme n’est pas digne d’être Président ! Nous nous sentons offensés au nom de la France ! Sarkozix perd les pédales !
Moi, je m’interroge. Il faut certes éviter que le débat politique ne se transforme en combat de charretiers, mais un peu de « vérité humaine » ne me déplait pas. Pourquoi toujours ce langage « diplomatique » dans lequel, lorsqu’on vous félicite, on n’en pense pas un mot et dans lequel on multiplie les promesses tous azimuts tout en sachant pertinemment qu’on ne les tiendra pas ?
Pour ma part, je ne récuserais pas des politiques qui nous parleraient avec notre langage de tous les jours, qui iraient dans les banlieues lépar aux keufs et aux meufs (traduction pour les néophytes : parler aux hommes et femmes) ou à Amiens vir les gins de ch’nord (voir les gens du nord).
Peut-être que, alors, ils nous comprendraient mieux et nous écouteraient davantage.
Toujours est-il que la France est toujours aussi étonnante : elle s’insurge pour le détail secondaire et accepte passivement les catastrophes. Elle descend dans la rue parce qu’elle refuse de payer 1 € sur les consultations médicales mais ne dit mot sur le déficit béant du budget qui reporte l’énorme dette sur nos enfants.
Elle proteste parce qu’une procédure n’a pas été bien respectée (en l’occurrence l’avis du conseil constitutionnel sur le maintien en rétention des personnes dangereuses) et non parce que des délinquants libérés vont courir librement dans les rues.
Elle doit adorer piétiner lors des grèves des transports publics puisqu’elle soutient la lutte contre le service minimum.
Elle a un Président dynamique et travailleur qui prend à corps ses grands problèmes et fait travailler d’arrache pied gouvernement et parlementaires, mais elle ne voit que ses aventures personnelles, son dodelinement et ses excès de langage.
France, pourquoi toujours confondre l’essentiel et l’accessoire ? Pourquoi toujours te laisser distraire par les peccadilles au lieu de te pencher sérieusement sur tes problèmes, en essayant d’en comprendre les causes réelles et les vraies solutions ?
Pourquoi te laisser toujours séduire par les beaux parleurs ?
Femme fière, tu devrais au contraire redresser la tête, étudier tes dossiers, voir ce qui réussit ailleurs et t’en inspirer, en un mot être sérieuse.
Tu as qualifié ton Président de « bling-bling ». Mais es-tu sûre que ce n’est pas toi qui ne vois que le « bling-bling » ?
Le vilain Petit Canard
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mardi 26 février 2008
dimanche 17 février 2008
Le roi immobile
Nous avions à cette époque un roi très actif, qui multipliait ses interventions dans tous les domaines. Il était intelligent et efficace, et faisait progresser tous les dossiers qu’il abordait, pour notre grand bien. Le pays, en perte de vitesse dans l’évolution mondiale et en proie à d’intenses dysfonctionnements, en avait bien besoin
Tout aurait donc été parfait si le souverain n’avait un grave défaut : une certaine inconséquence apparente.
Chaque fois qu’il réussissait une belle avancée, il la gâchait par une maladresse qui annihilait son succès aux yeux des citoyens. Car, comme toujours, dans le plus beau des tableaux, c’est le petit défaut qui monopolise l’attention.
Ainsi, avant de devenir le dirigeant suprême, il avait été ministre de l’intérieur. Il s’était attelé au rétablissement de l’ordre dans les zones défavorisées, alors en proie aux trafics en tous genres, feux de voitures et autres saccages.
Il était encouragé par tous. Mais, après un meurtre particulièrement sordide, il traita les malfrats de racailles et menaça de les « karchériser », c’est-à-dire de les massacrer comme des bêtes nuisibles.
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Tout aurait donc été parfait si le souverain n’avait un grave défaut : une certaine inconséquence apparente.
Chaque fois qu’il réussissait une belle avancée, il la gâchait par une maladresse qui annihilait son succès aux yeux des citoyens. Car, comme toujours, dans le plus beau des tableaux, c’est le petit défaut qui monopolise l’attention.
Ainsi, avant de devenir le dirigeant suprême, il avait été ministre de l’intérieur. Il s’était attelé au rétablissement de l’ordre dans les zones défavorisées, alors en proie aux trafics en tous genres, feux de voitures et autres saccages.
Il était encouragé par tous. Mais, après un meurtre particulièrement sordide, il traita les malfrats de racailles et menaça de les « karchériser », c’est-à-dire de les massacrer comme des bêtes nuisibles.
Ainsi, au lieu d’apparaître comme un sauveur il se rangea dans la même catégorie qu’eux et légitima les vastes émeutes qui suivirent.
Il encouragea la police à rétablir l’ordre, ce que tout le monde approuvait, mais ordonna en même temps la multiplication des amendes et des contraintes sur les citoyens courants, dispersant ainsi les forces de l’ordre et les condamnant à l’inefficacité sur les sites sensibles.
Il fit revenir l’école à ses fondamentaux, l’écriture, la lecture, le calcul, la culture générale, les valeurs, qui manquaient dramatiquement aux jeunes générations, mais il imposa en même temps l’exigence morbide de faire assumer par chaque tout jeune enfant le souvenir d’un enfant mort pendant la dernière guerre, ce qui monopolisa les débats.
Il demanda des efforts à tous pour redresser l’économie mais tripla son propre salaire et s’afficha dans le plus grand luxe.
Il dit vouloir redynamiser l’industrie mais maintint la chape de réglementation, de contrôles et de formalisme qui l’ankylosait.
Il vilipenda la justice pour sa lenteur et son inefficacité mais supprima en même temps un grand nombre de tribunaux…
Le roi travaillait donc beaucoup, mais il n’avançait pas et était de moins en moins soutenu par l’opinion.
Car un pays est comme un bateau : si on navigue sans être porté par le vent et si on vire tout le temps de bord, on ne progresse pas.
LVPC
Il encouragea la police à rétablir l’ordre, ce que tout le monde approuvait, mais ordonna en même temps la multiplication des amendes et des contraintes sur les citoyens courants, dispersant ainsi les forces de l’ordre et les condamnant à l’inefficacité sur les sites sensibles.
Il fit revenir l’école à ses fondamentaux, l’écriture, la lecture, le calcul, la culture générale, les valeurs, qui manquaient dramatiquement aux jeunes générations, mais il imposa en même temps l’exigence morbide de faire assumer par chaque tout jeune enfant le souvenir d’un enfant mort pendant la dernière guerre, ce qui monopolisa les débats.
Il demanda des efforts à tous pour redresser l’économie mais tripla son propre salaire et s’afficha dans le plus grand luxe.
Il dit vouloir redynamiser l’industrie mais maintint la chape de réglementation, de contrôles et de formalisme qui l’ankylosait.
Il vilipenda la justice pour sa lenteur et son inefficacité mais supprima en même temps un grand nombre de tribunaux…
Le roi travaillait donc beaucoup, mais il n’avançait pas et était de moins en moins soutenu par l’opinion.
Car un pays est comme un bateau : si on navigue sans être porté par le vent et si on vire tout le temps de bord, on ne progresse pas.
LVPC
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samedi 16 février 2008
La mort guette
mise à jour du 17 Février 2008
Il y a deux périodes dans la vie
Celle où on ne pense pas à la mort
Puis celle où on l’attend
Celle où cesse l’éternité
Et commence le temps du temps compté
Celle ou l’on n’est plus sûr
De finir ce que l’on commence
Celle où l’on s’active fébrilement
Pour terminer ses rêves
Celle où on veut laisser une trace
Avant de s’effacer
Celle où l’on colle à ses amis
Pour tuer sa solitude
Car on est seul
Epouvantablement seul
Lorsque la faucheuse arrive.
LVPC
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samedi 9 février 2008
Nous sommes tous des OGM
Si vous aimez la bêtise, alors vous adorerez la diatribe typiquement française sur les OGM.
Ainsi, voici des plantes qui ont été modifiées pour mieux résister aux ravageurs et aux maladies, et qui permettent donc de réduire, voire d’éviter, le recours aux pesticides et autres herbicides.
Le débat écologique auquel elles donnent lieu est épique :
D’un côté, le monde entier —sauf nous— cultive de plus en plus ces malheureux végétaux, et cela depuis plus de 10 ans, sans avoir constaté le moindre danger grave.
De l’autre, les produits agressifs utilisés pour protéger nos cultures polluent nos rivières et nos nappes d’eau profondes, stérilisent nos champs, tuent les abeilles et sont soupçonnés de menacer notre propre fertilité.
Ces conséquences sont sans commune mesure avec les quelques nuisances ponctuelles recensées réellement à propos des OGM.
De deux périls, la sagesse commande de choisir le moindre. A moins d’adorer les produits chimiques, un esprit rationnel conclurait donc, comme d'ailleurs le reste de la planète hormis nos écolos, en faveur de ces végétaux innovants, tout en décidant de suivre avec attention leur mise en œuvre.
Nous sommes d'ailleurs tous, comme tous les êtres vivants et y compris nos « verts » eux-mêmes, des OGM. Mère nature n’arrête pas de créer des mutations, et c’est grâce à elles que nous ne sommes plus de simples cyanobactéries perdues dans les abysses bouillonnants des volcans sous-marins. Les mutations, c’est toute l’histoire de la vie, de notre vie.
C’est aussi toute l’histoire de l’agriculture, puisque les superbes roses que nous proposent les fleuristes, les pélargoniums et pratiquement toutes les plantes cultivées aujourd’hui ont été patiemment sélectionnées par nos jardiniers après d’intenses croisements génétiques.
Cette évolution permanente se déroule en outre sans toutes les précautions prises en laboratoire par nos experts modernes :
La nature rate presque toutes ses tentatives. Elle crée aussi en permanence des créatures dangereuses, des virus et bactéries insoignables, des plantes allergisantes… C’est une douce illusion que de croire que seul ce qui est « naturel » est bon.
En toute logique, nos irréductibles devraient donc réclamer d'abord l’interdiction de la nature et des jardiniers avant de s’acharner sur les OGM.
Mais, comme nous l’avons déjà dit, ils sont eux-mêmes des OGM. Alors, combien de temps ces nouveaux Asterix faucheurs vont-ils nous polluer ?
Espérons qu’ils ne sont que l’une de ces mutations sauvages que tente en permanence la vie, qui ne sont pas adaptées et qui disparaissent rapidement.
LVPC
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vendredi 8 février 2008
Mon chien avait encore raison !
On nous a dévoilé hier les statistiques du commerce extérieur français. un déficit de 40 milliard d’euros ! Excusez du peu : 8 fois la perte de la Société Générale, 6 700 Euros par français, soit le prix d'une Logan, impressionnant !
Cela ne m’aurait toutefois pas empêché de dormir si, en réfléchissant, je n’avais pas réalisé que, tout cet argent, finalement, s’était envolé alors que nous en avions bien besoin, moi y compris. Au lieu de cela, en ce moment, quelque chinois (je n’en veux par particulièrement aux chinois mais ce sont eux qui accumulent le plus gros excédent) vivait sur mon dos grassement : on peut s’acheter pas mal de nems avec 40 milliards d’euros !
Certes, c’était la loi du commerce. La Chine et autre Inde faisaient de bons produits à bas prix. Le monde entier les leur achetait. Il était donc juste qu’ils en soient rétribués et gagnent bien leur vie (j’ai entendu dire que, à Shangaï, un nouveau milliardaire apparaissait toutes les semaines).
Mais ce qui était anormal, c’est que nous, avec tout notre niveau technologique, notre éducation, nos infrastructures, notre intelligence… nous n’arrivions pas à nous défendre contre eux. On nous serinait le haut niveau de l’Euro, les salaires de misère des ouvriers chinois, le prix du pétrole… mais nous savons tous que, avec de l’astuce, on arrive toujours à vendre, même bien plus cher que les concurrents. Il suffit de faire les bons produits, de bons services et de savoir appâter puis retenir le client.
Mon chien, qui remuait vigoureusement la queue à côté de moi, était d'ailleurs d’accord, et il ne se trompe jamais. Il sait que je lui achète une pâté hors de prix afin de le garder longtemps. Malgré ses concurrents qui vendent à moitié prix (certainement de la viande avariée mélangée à de la boue d’égout, soupçonne-je), ce fournisseur prospérait. C’était la preuve par neuf. Mon chien avait encore raison.
Ainsi, au lieu de nous morfondre, il fallait nous battre, trouver les créneaux sur lesquels nos technologies nous apportaient des avantages, soigner notre image, atteindre l’excellence. Nous étions tout à fait capables de le faire.
Mais mon chien m’interrompit, avec son air de cocker battu, me faisant comprendre que ma bêtise lui faisait pitié. Ce n’était pas si simple, m’expliquait-il. Le gouvernement avait décidé des aides à l’exportation. C’était bien mais il soignait encore et toujours les symptômes et non la cause.
La cause m’interrogeai-je ? La bête me fixa droit dans les yeux. Mais oui, c’est bien sûr ! La cause est en nous-mêmes. Nous ne voulons plus nous battre, nous partons vaincu ! Nous sommes englués dans une réglementation omni-présente, dans des procédures rigides, dans des débats internes sans fin… C’est l’armée gauloise face à Jules César, les bavards et beaux-parleurs face à des professionnels disciplinés et rusés !
Belle (c’est le nom de l’animal) se coucha à mes pieds en gémissant. Elle me signifiait que, si nous ne nous libérions pas de ces entraves, nous n’avions aucun espoir. Ce n’était pas des aides qu’il nous fallait, mais un nouveau challenge, un nouvel espoir, une nouvelle liberté…
Je m’interrogeais : en serons-nous capables ?
Belle se grattait derrière l’oreille : elle n’y croyait pas…
LVPC
Cela ne m’aurait toutefois pas empêché de dormir si, en réfléchissant, je n’avais pas réalisé que, tout cet argent, finalement, s’était envolé alors que nous en avions bien besoin, moi y compris. Au lieu de cela, en ce moment, quelque chinois (je n’en veux par particulièrement aux chinois mais ce sont eux qui accumulent le plus gros excédent) vivait sur mon dos grassement : on peut s’acheter pas mal de nems avec 40 milliards d’euros !
Certes, c’était la loi du commerce. La Chine et autre Inde faisaient de bons produits à bas prix. Le monde entier les leur achetait. Il était donc juste qu’ils en soient rétribués et gagnent bien leur vie (j’ai entendu dire que, à Shangaï, un nouveau milliardaire apparaissait toutes les semaines).
Mais ce qui était anormal, c’est que nous, avec tout notre niveau technologique, notre éducation, nos infrastructures, notre intelligence… nous n’arrivions pas à nous défendre contre eux. On nous serinait le haut niveau de l’Euro, les salaires de misère des ouvriers chinois, le prix du pétrole… mais nous savons tous que, avec de l’astuce, on arrive toujours à vendre, même bien plus cher que les concurrents. Il suffit de faire les bons produits, de bons services et de savoir appâter puis retenir le client.
Mon chien, qui remuait vigoureusement la queue à côté de moi, était d'ailleurs d’accord, et il ne se trompe jamais. Il sait que je lui achète une pâté hors de prix afin de le garder longtemps. Malgré ses concurrents qui vendent à moitié prix (certainement de la viande avariée mélangée à de la boue d’égout, soupçonne-je), ce fournisseur prospérait. C’était la preuve par neuf. Mon chien avait encore raison.
Ainsi, au lieu de nous morfondre, il fallait nous battre, trouver les créneaux sur lesquels nos technologies nous apportaient des avantages, soigner notre image, atteindre l’excellence. Nous étions tout à fait capables de le faire.
Mais mon chien m’interrompit, avec son air de cocker battu, me faisant comprendre que ma bêtise lui faisait pitié. Ce n’était pas si simple, m’expliquait-il. Le gouvernement avait décidé des aides à l’exportation. C’était bien mais il soignait encore et toujours les symptômes et non la cause.
La cause m’interrogeai-je ? La bête me fixa droit dans les yeux. Mais oui, c’est bien sûr ! La cause est en nous-mêmes. Nous ne voulons plus nous battre, nous partons vaincu ! Nous sommes englués dans une réglementation omni-présente, dans des procédures rigides, dans des débats internes sans fin… C’est l’armée gauloise face à Jules César, les bavards et beaux-parleurs face à des professionnels disciplinés et rusés !
Belle (c’est le nom de l’animal) se coucha à mes pieds en gémissant. Elle me signifiait que, si nous ne nous libérions pas de ces entraves, nous n’avions aucun espoir. Ce n’était pas des aides qu’il nous fallait, mais un nouveau challenge, un nouvel espoir, une nouvelle liberté…
Je m’interrogeais : en serons-nous capables ?
Belle se grattait derrière l’oreille : elle n’y croyait pas…
LVPC
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mardi 5 février 2008
Le salarié kleenex
Nos grandes entreprises modernes sont formidables !
D'abord elles deviennent gigantesques, plus importantes que les Etats. Elles jouent avec eux, délocalisant de ci et de là en fonction des avantages offerts.
Perdu dans un grand bureau à 20 000 km de ses salariés, leur PDG règne sur son empire en jonglant avec les chiffres, cherchant à définir la meilleure stratégie pour devenir le maître du monde.
Ses propres patrons, c’est-à-dire ses grands actionnaires, ne sont intéressés que par le profit à court terme, ce qui réduit à la portion congrue les investissements et les salaires. Parfait ! Moins tout ce qu'on dépense dans ce domaine est du gachis !
De leur côté, les spéculateurs boursiers jouent aux dés avec les dollars, alimentant les déséquilibres planétaires. Ah, l’ivresse des milliards qui s’échangent sans bruit d’une bourse à l’autre, sans bruit, sans bruit !
Derrière le décor, travaillant sans relâche dans l’espoir de poursuivre une carrière fructueuse dans l’entreprise, les salariés ont du mal à percevoir quelques euros de plus.
Vous me direz que c’est normal. A tous les niveaux, chacun tient sa place dans le grand cirque de l’économie :
L’entreprise doit devenir énorme pour amortir des coûts de revient de plus en plus élevés, les investisseurs sont indispensables pour alimenter la machine à développer les richesses et les emplois, les boursicoteurs font circuler le tout …
Oui, mais je m’interroge… Sur quelle base repose ce mécanisme bien huilé ?
N’est-ce pas sur vous et moi, c’est-à-dire les salariés de ces entreprises ? Nous qui nous donnons du mal pour que les affaires réussissent ?
Si, au moindre aléas international, elle nous jette comme des kleenex, n’allons-nous pas réaliser que nous sommes bien benêts ?
Et si nous ne nous investissons plus, qui fera tourner la mécanique à profit ? Qui entretiendra ces systèmes ultra-sophistiqués ? Qui viendra dans l’urgence dépanner l’usine en péril ?
Et comment s’étonner que nos enfants n’aiment plus ni les entreprises ni la technique ?
Alors, Messieurs les patrons, ne jouez plus à scier la branche sur laquelle vous êtes assis. Vous êtes riches aujourd’hui, mais si vos salariés vous abandonnent, vous serez pauvres demain.
Respectez l’énorme dette humaine, faite de sueur, d’intelligence et de courage, que vous leur devez. Tous ces gens, que vous ne connaissez pas, sont vos vrais amis, ceux qui vous permettent de gagner. Ne les décevez pas !
LVPC
D'abord elles deviennent gigantesques, plus importantes que les Etats. Elles jouent avec eux, délocalisant de ci et de là en fonction des avantages offerts.
Perdu dans un grand bureau à 20 000 km de ses salariés, leur PDG règne sur son empire en jonglant avec les chiffres, cherchant à définir la meilleure stratégie pour devenir le maître du monde.
Ses propres patrons, c’est-à-dire ses grands actionnaires, ne sont intéressés que par le profit à court terme, ce qui réduit à la portion congrue les investissements et les salaires. Parfait ! Moins tout ce qu'on dépense dans ce domaine est du gachis !
De leur côté, les spéculateurs boursiers jouent aux dés avec les dollars, alimentant les déséquilibres planétaires. Ah, l’ivresse des milliards qui s’échangent sans bruit d’une bourse à l’autre, sans bruit, sans bruit !
Derrière le décor, travaillant sans relâche dans l’espoir de poursuivre une carrière fructueuse dans l’entreprise, les salariés ont du mal à percevoir quelques euros de plus.
Vous me direz que c’est normal. A tous les niveaux, chacun tient sa place dans le grand cirque de l’économie :
L’entreprise doit devenir énorme pour amortir des coûts de revient de plus en plus élevés, les investisseurs sont indispensables pour alimenter la machine à développer les richesses et les emplois, les boursicoteurs font circuler le tout …
Oui, mais je m’interroge… Sur quelle base repose ce mécanisme bien huilé ?
N’est-ce pas sur vous et moi, c’est-à-dire les salariés de ces entreprises ? Nous qui nous donnons du mal pour que les affaires réussissent ?
Si, au moindre aléas international, elle nous jette comme des kleenex, n’allons-nous pas réaliser que nous sommes bien benêts ?
Et si nous ne nous investissons plus, qui fera tourner la mécanique à profit ? Qui entretiendra ces systèmes ultra-sophistiqués ? Qui viendra dans l’urgence dépanner l’usine en péril ?
Et comment s’étonner que nos enfants n’aiment plus ni les entreprises ni la technique ?
Alors, Messieurs les patrons, ne jouez plus à scier la branche sur laquelle vous êtes assis. Vous êtes riches aujourd’hui, mais si vos salariés vous abandonnent, vous serez pauvres demain.
Respectez l’énorme dette humaine, faite de sueur, d’intelligence et de courage, que vous leur devez. Tous ces gens, que vous ne connaissez pas, sont vos vrais amis, ceux qui vous permettent de gagner. Ne les décevez pas !
LVPC
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lundi 4 février 2008
Le roi et la star
Fable animalière
A cette époque, le pays des animaux venait d’avoir un nouveau roi.
Ce dernier avait été adoubé par les grands pairs du royaume parce qu’il avait beaucoup d’idées et de projets pour sortir le pays de la crise et de la désespérance dans lesquelles il s’enfonçait suite à l’inaction des gouvernements précédents.
La plupart des animaux avaient en effet difficilement de quoi vivre car leur salaire était très faible comparé au coût de la vie, qui avait fortement augmenté. Beaucoup étaient aussi au chômage.
Le peuple des animaux mettait donc beaucoup d’espoir dans le nouveau souverain.
Celui-ci commença effectivement par faire beaucoup de bien :
Contrairement à ses prédécesseurs qui avaient seulement réparti la pauvreté au gré des lobbyings et des manifestations, il savait que, pour enrichir le pays, la seule solution était de conclure de gros contrats avec les pays étrangers.
Il multiplia les visites dans les pays les plus riches. Il en rapportait chaque fois des contrats fabuleux.
Il relança aussi l’union européenne des animaux (UEA), renforça la coopération avec de nombreuses nations et réaffirma le rôle international du pays.
A l’intérieur, il demanda plus d’efforts car c’était la seule solution pour redresser le pays : il accrut la durée du travail, réduisit le nombre des fonctionnaires, limita la gratuité des soins, reporta l’âge des retraites…
Il réussissait là où tous ses prédécesseurs avaient échoué.
Tout aurait été donc en bonne voie si ce grand président n’avait un talon d’Achille : sa soif de considération.
Comme ses occupations le tenaient éloigné de sa maison, sa compagne le quitta.
Il tomba alors amoureux d’un top modèle et en fit sa nouvelle femme.
Il se comportait depuis comme une star, posant pour les journalistes, paraissant à la une des magazines.
Son épouse continuait à éditer des disques et posait dans des revues et des sketches publicitaires.
Cela brouilla complètement son image vis-à-vis du peuple qui l’avait élu et sa popularité s’effondra.
Lorsqu’il intervenait, il n’était plus crédible. Chacun ne pensait qu’à ses photos de play-boy et aux photos dénudées de sa femme.
N’étant plus soutenues, ses réformes s’enlisèrent, accroissant encore le mécontentement.
Ainsi, pour avoir trop voulu paraître, il se perdit.
Car pour les affaires sérieuses, on préfère toujours la fourmi travailleuse au coq tapageur.
LVPC
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